Soutien à la décision de retrait de la CEDEAO : Mobilisation ou indifférence ?

Dans la rubrique principale du journal Le Challenger, Chaka Doumbia soulève la question des faibles mobilisations lancées par le ministère de la jeunesse pour soutenir la décision de retrait de la CEDEAO par le Mali, le Burkina et le Niger, en quelques lignes seulement.Au nom du Gouvernement, le ministère de la Jeunesse et des Sports, chargé de la Construction citoyenne et de l’Instruction civique, a lancé un appel à la population des régions et du district de Bamako à sortir massivement le 1er février 2024. Motif : «mobilisation populaire de soutien à la décision de retrait de la Cedeao du Burkina Faso, du Mali et du Niger». Le communiqué signé par le Secrétaire général du département, Amadou Diarra Yalcouyé, a invité les gouverneurs à soutenir et à accompagner les jeunes dans cette mobilisation citoyenne et patriotique : «Suite au retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), je vous informe qu’une mobilisation populaire de soutien à cette importante décision de nos trois chefs d’Etat sera organisée, le 1er février 2024 à partir de 16 heures par les jeunes de façon simultanée dans toutes les régions du pays. Cette mobilisation générale vise non seulement à soutenir et à célébrer cette décision courageuse mais aussi une occasion inouïe pour renforcer l’élan patriotique des trois pays de l’Alliance des Etats du Sahel plus que jamais engagés pour leur autodétermination».

L’appel a-t-il été entendu ? «Manifestation à Bamako et dans plusieurs localités du pays» a présenté en manchette ‘’Le Républicain’’ en précisant toutefois que ce sont des centaines de personnes qui sont descendues dans la rue. «La population démontre son soutien aux autorités» lit-on également à la manchette de ‘’Le soir de Bamako’’. Le confrère estime que l’appel a été répondu par une forte manifestation de soutien dans le District de Bamako, les capitales régionales ainsi que les chefs-lieux de préfecture.

«Les Bamakois indifférents à l’appel du Gouvernement» a titré en revanche ‘’L’indicateur du Renouveau’’ dans sa parution du vendredi 2 février. Le quotidien privé rapporte que les habitants de la capitale n’ont pas répondu massivement à l’appel à la mobilisation populaire. A la Place du cinquantenaire, souligne le confrère, «l’on pouvait compter plus d’adolescents que d’adultes». Les images aériennes diffusées sur plusieurs plateformes digitales attestent du faible engouement suscité par l’appel de soutien à la décision de retrait de la Cédéao.

«Manifestation du 1er février : un échec des organisateurs lit-on sur la page Facebook «Kati 24» : «La manifestation de ce jour n’a pas du tout été une réussite, non pas parce que les Maliens ne sont pas pour le retrait de la Cédéao mais par la faute des organisateurs qui n’ont pas su associer les vrais acteurs. En effet, à Bamako comme partout au Mali, les vraies organisations de soutien à la transition n’ont pas été impliquées. On peut citer une liste non exhaustive : les forces du changement, An Biko, Yerewolo, les acteurs du 14 janvier 2022… Une telle manifestation ne doit pas être bâclée, c’était une occasion pour réaffirmer l’unité nationale et la volonté commune du peuple à faire de l’AES une réalité», postait la page réputée être proche des autorités de la transition.

Les images de la manifestation provenant des régions, notamment Sikasso, Nioro du Sahel, Bandiagara montrent des jeunes scolaires en première ligne déployant des banderoles. Pour certains internautes, «les élèves ont souffert…Ils sont partout. Ils ne savent même pas pourquoi ils ont été mobilisés».

L’évidence est que cette mobilisation n’a rien de comparable avec les premières organisées en guise de soutien à la transition, dont les autorités ont déclaré tirer leur légitimité de ces grandes messes. Saura-t-on en tirer les enseignements qui s’imposent ? Nous l’espérons

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