Création d’un dialogue inter-malien : Le Colonel Assimi Goita a-t-il rejeté l’accord d’Alger ?

Depuis un mois, une crise diplomatique a éloigné Bamako et Alger, caractérisée par le rappel de deux ambassadeurs en raison de la position jugée non sincère de l’Algérie sur la crise sécuritaire au Mali. Cette escalade diplomatique découle d’un manque de confiance des autorités maliennes envers l’Algérie. L’étincelle qui a mis le feu aux poudres a été l’accueil par l’Algérie des rebelles de Kidal après la reprise de cette ville par l’armée malienne, qui en faisait le fief des rebelles et des chefs terroristes. De plus, un leader religieux du nom de Mahamoud Dicko, en désaccord avec les autorités de la transition, a été accueilli par les autorités algériennes, suscitant l’indignation des autorités maliennes.

Le rappel diplomatique, invoquant le « principe de réciprocité », a atteint son apogée lorsque le Mali a décidé de rappeler son ambassadeur en Algérie. Annoncée le 22 décembre par le ministère malien des Affaires étrangères, cette décision est une réponse directe aux actes jugés « inamicaux » et à l’ingérence présumée d’Alger dans les affaires intérieures maliennes.

La relation entre l’Algérie et le Mali se dégrade progressivement, comme en témoigne le discours du président de la transition, le Colonel Assimi Goita, qui n’a pas mentionné l’Accord d’Alger. En annonçant la création d’un comité de dialogue intermalien, il a déclaré : « J’ai pris l’option de privilégier l’appropriation nationale du processus de paix, en donnant toutes ses chances à un dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation, afin d’éliminer les racines des conflits communautaires et intercommunautaires. » Cette décision suggère un rejet de l’accord d’Alger en raison du doute quant aux intentions de l’Algérie de soutenir les rebelles de Kidal. Le président de la transition semble ne plus vouloir que l’Algérie soit le médiateur de la crise malienne, considérant son double jeu et son manque de sincérité comme des facteurs aggravants de la situation.

De nombreux soutiens expriment la position du Colonel Assimi Goita, soulignant que seule l’Algérie peut mettre fin à la crise malienne en manifestant sa bonne volonté pour aider son voisin. Des sources concordantes indiquent que les chefs rebelles possèdent tous la nationalité algérienne, avec des constructions sur le territoire algérien. Avec plus de 1400 km de frontière avec le Mali, l’Algérie est accusée de faire peu d’efforts dans la sécurisation de sa frontière, favorisant ainsi le trafic de toutes sortes.

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