Prolifération des unités de production d’eau en sachet : Une menace pour la santé publique

Au Mali, la consommation généralisée d’eau conditionnée dans des sachets en plastique pose un sérieux problème de santé publique. Ces sachets d’eau, vendus presqu’un peu partout, manquent d’informations en ce qui concerne la date de fabrication ; de péremption. Et comme si cela ne suffisait pas, leur provenance reste inconnue en raison de la prolifération anarchique des unités de production.

La prolifération de ces unités qui apporterait beaucoup aux promoteurs, découle de la demande croissante lors d’événements sociaux a entraîné une prolifération incontrôlée d’unités de conditionnement, en particulier dans des sachets en plastique. Ainsi, les unités de production se multiplient de manière anarchique, tout en ignorant les réglementations en vigueur et créant ainsi une concurrence déloyale.

Dans le cadre de la législation malienne, le décret n°06-259 / P-RM du 23 juin 2006 institue une Autorisation de Mise sur le Marché des denrées alimentaires, y compris l’eau. De même, l’Arrêté interministériel N°07-2650 / MS-MEP-MA-MIC-MF-SG du 26 septembre 2007 détermine les modalités d’application de ce décret. Il se trouve malheureusement que ces dispositions ne sont pas respectées par bon nombres d’unités industrielles intervenant dans ce domaine.

Selon les investigations, la plupart des unités de conditionnement fournissent de l’eau de boisson dont la qualité est sujette à des doutes sérieux. On se rappelle qu’en 2019, la consommation de cette eau a été déconseillée en raison du non-respect des normes de sécurité sanitaire. Certains experts évoquent les risques potentiels tels que diarrhées, vomissements et fièvre typhoïde associés à cette eau de qualité douteuse. Si l’eau est source de vie, son absence de qualité peut devenir une menace sérieuse pour la santé des consommateurs.

Cette situation interpelle le Laboratoire National des Eaux (LNE), rattaché au ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Le LNE, chargé du suivi et du contrôle régulier de la qualité des eaux y compris en bouteilles, doit s’assurer du respect des normes et protéger la santé des populations.

En tout cas, il urge que les autorités maliennes prennent des mesures fermes pour réglementer le secteur, mettre fin à la prolifération anarchique des unités de conditionnement et garantir que l’eau conditionnée disponible sur le marché respecte les normes de sécurité sanitaire établies par l’Organisation Mondiale pour la Santé. Car la santé publique des Maliens dépend de la qualité de l’eau qu’ils consomment au quotidien.

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