Le coût de la Résistance aux antimicrobiens pour l’économie est considérable (expert)

La Résistance aux antimicrobiens (RAM) compromet la prévention et le traitement efficaces d’un nombre croissant d’infections dues à des bactéries, des parasites, des virus et des champignons. 

La santé mondiale et le développement durable sont menacés par la Résistance aux antimicrobiens (RAM). Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, elle est l’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique auxquelles est confrontée l’humanité. Fort de son importance et de l’urgence d’action, la RAM a été inscrite comme un paquet d’action majeur du domaine de la prévention de la sécurité sanitaire mondiale. Sa prévention nécessite que des mesures soient prises d’urgence dans de multiples secteurs pour que les objectifs de développement durable puissent être atteints.

« Ceci est d’autant plus nécessaire que le coût de la Résistance aux antimicrobiens pour l’économie est considérable avec, outre les décès et les incapacités, des séjours prolongés à l’hôpital, le besoin de recourir à des médicaments plus onéreux et des difficultés financières pour les personnes touchées. Les approches pérennes de solutions exigent une approche « une seule santé » opérationnelle et bien coordonnée.  C’est pourquoi, l’appel à l’action des plus hauts responsables de la quadripartite le 27 mars 2023 nous incitait à innover pour des approches « une seule santé » robustes capables de prévenir les menaces dont la RAM et de contribuer au renforcement de la sécurité sanitaire », a affirmé Dr Vincent Sodjinou, Représentant Résident de l’OMS au Sénégal et Chef de file des Partenaires techniques et financiers dans la lutte contre la RAM.

Il s’exprimait, ce lundi matin à Dakar, à l’ouverture d’un atelier régional africain sur les enseignements tirés de la mise en œuvre des plans d’action nationaux sur le Résistance aux antimicrobiens qui se tient du 10 au 13 juillet 2023.

Poursuivant, Dr Sodjinou a indiqué les différentes subventions pays et sous régionaux qui appuient la lutte contre la RAM ont jeté les bases du renforcement des efforts des pays pour l’institutionnalisation et l’opérationnalisation de la collaboration et de la coordination dans le cadre de l’initiative « Une seule santé » pour mettre en œuvre le Règlement sanitaire international (RSI, 2005).

« Faisant suite aux évaluations externes conjointes du RSI dans la région Afrique, sous l’égide des plateformes « une seule santé », les pays ont élaboré leurs Plans multisectoriels de Surveillance et de lutte contre la Résistance aux antimicrobiens (PAN/RAM) à côté d’autres plans stratégiques tels que le Plan national de Sécurité sanitaire (PANSS). Pour la mise en œuvre efficiente de ces plans, les Partenaires ont mis l’accent sur le renforcement des capacités des ressources humaines par la formation continue des personnels de Laboratoire, le renforcement des capacités de diagnostic des laboratoires et la fourniture d’outils normalisés pour contribuer à la surveillance de la Résistance aux antimicrobiens et le partage d’information sur la RAM», a souligné le patron de l’OMS Sénégal.

Dans le cadre des projets Fleming Fund et du Projet de lutte contre la RAM du Fonds Fudiciaire Multipartenaires ou AMR Multipartners Trust Fund (MPTF), les pays bénéficiaires se sont résolument engagés dans le renforcement de la Surveillance de la RAM, la Gouvernance et le Partage des données RAM, notamment en participant aux différentes enquêtes d’auto-évaluation nationale sur le suivi de la résistance aux antimicrobiens (TrACSS : Tracking AMR Country Self-assessment Survey) et s’inscrivant sur le Système mondial de surveillance de l’utilisation des antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens (GLASS : Global Antimicrobial Resistance and Use Surveillance System).

« Toutefois, disposer d’outils intégrés de surveillance de la Résistance aux antimicrobiens et de partage des informations RAM reste un défi dans nombre de pays africains », a conclu Dr Vincent Sodjinou.

S’ agissant du cas spécifique du Sénégal, Dr Mbargou Lô, Directeur des services vétérinaires, a rappelé que le pays s’était doté de son premier plan d’action national muli-sectoriel et pluridisciplinaire élaboré de façons inclusive et participative  qui couvrait la période 2017-2022. Ce plan prévoyait le renforcement des capacités des laboratoires, du personnel et un vaste programme d’informations et de sensibilisation des populations sur les méfaits de la résistance aux anti-microbiens afin de venir à bout de ce fléau qui est mondial.

« Actuellement, a informé Dr Lô, un deuxième PAN-RAM  qui couvre la période 2023-2027 est en cours de finalisation avec la consolidation des acquis et la prise en charge des faiblesses du PAN-RAM ».

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